Ces dernières années, le thème de l’intelligence émotionnelle a attiré l’attention d’un public de plus en plus large, intéressé avant tout par une meilleure gestion de ses émotions. Cependant, peu de gens connaissent vraiment son origine. Le terme apparaît pour la première fois en 1990 dans un livre de Salovey et Mayer, qui illustrent la structure de l’intelligence émotionnelle et son action sur le comportement et l’esprit. Salovey est professeur à l’université de Yale, tandis que Mayer était chercheur post-doctoral à l’époque. Ensemble, ils ont étudié et publié de nombreux articles sur le sujet. Malgré cela, la plupart des gens attribuent ce terme à son principal contributeur, Daniel Goleman, qui a popularisé le concept d’intelligence émotionnelle en 1994, après la publication du livre intitulé L’intelligence émotionnelle, ce qu’elle est et pourquoi elle peut nous rendre heureux. Le concept d’intelligence émotionnelle de Salovey et Mayer est légèrement différent de celui de Goleman. C’est pourquoi il y a eu une certaine confusion quant à l’attribution de la théorie originale. Dans cet article, nous nous concentrerons uniquement sur les deux auteurs qui l’ont éclairé.

Qu’est-ce que l’intelligence émotionnelle pour Salovey et Mayer ?

Selon la définition contenue dans leur premier livre, l’intelligence émotionnelle est la capacité de traiter des informations basées sur ses propres émotions et celles des autres. Elle comprend également la possibilité d’utiliser ces informations comme guide de réflexion et de comportement. Les personnes dotées d’une forte intelligence émotionnelle écoutent, utilisent, comprennent et gèrent les émotions. D’autre part, ces compétences favorisent les fonctions d’adaptation qui leur sont bénéfiques ainsi qu’à d’autres. Pour déterminer si une personne possède une intelligence émotionnelle élevée, les deux auteurs se réfèrent à quatre compétences de base. Dans ce modèle d’intelligence émotionnelle, chaque compétence se développe en quatre phases différentes. Ce processus ne doit cependant pas se faire spontanément. Au contraire, elle exige généralement un effort conscient de la part du sujet. Nous verrons bientôt les quatre phases en détail.

1- Perception, évaluation et expression des émotions

La première capacité de l’intelligence émotionnelle selon Salovey et Mayer est l’identification de ses propres émotions et de celles des autres. Premièrement, la personne doit être capable de comprendre ce qu’elle ressent. Cela inclut les émotions, mais aussi les pensées, qu’elles soient dérivées ou générées. Ensuite, dans la deuxième phase, la capacité de faire de même avec les États extérieurs est acquise. Par exemple, les sentiments des autres ou ceux exprimés à travers l’art. Dans la troisième phase, la personne acquiert la capacité d’exprimer correctement ses émotions. Il apprend également à exprimer les besoins qui y sont liés. Dans la quatrième phase, enfin, on obtient la capacité de distinguer entre les expressions appropriées et inappropriées des émotions d’autrui.

2- Facilitation émotionnelle de la pensée

Dans la première phase, la personne oriente ses pensées vers les informations les plus importantes. Ici, leurs sentiments ne sont pas encore pris en compte. Dans la deuxième phase, au contraire, les émotions commencent à être perçues avec une intensité suffisante pour être identifiables. La personne est donc en mesure d’utiliser ses émotions pour l’aider à prendre une décision. Selon Salovey et Meyer, dans la troisième phase, les émotions pourraient faire fluctuer la personne d’un état émotionnel à un autre, avec la possibilité de considérer différents points de vue sur un sujet. Enfin, dans la quatrième phase, les sentiments de la personne l’amèneraient à prendre de meilleures décisions et à penser de manière plus créative.

3- Compréhension et analyse des émotions

Tout d’abord, vous acquérez la capacité de distinguer une émotion d’une autre et d’utiliser les bons mots pour les décrire. Cette capacité va ensuite un peu plus loin, en permettant à la personne de reconnaître la relation entre les mots et les émotions. Dans la troisième phase, la personne est capable d’interpréter des émotions complexes. Par exemple, une réaction qui mélange le dégoût et le charme ou la peur et la surprise. Enfin, la capacité à détecter la transition entre deux émotions comme de la colère à la honte ou de la surprise à la joie.

4- Capacité à gérer ses émotions pour atteindre ses objectifs

Cette capacité exige une volonté de ne pas limiter le rôle que les émotions possèdent réellement. C’est plus facile à réaliser avec des émotions positives, alors que c’est plus difficile avec des émotions négatives. Dans cette phase, nous irons plus loin, nous permettant de choisir avec quelles émotions nous identifier en fonction de leur utilité plus ou moins grande. Dans l’étape précédente, la personne a acquis la capacité d’étudier les émotions par rapport à elle-même et aux autres selon leur degré d’influence, de raison ou de clarté. Enfin, le sujet est capable de gérer ses propres émotions et celles des autres en modérant les négatives et en gardant les positives.

L’intelligence émotionnelle est une compétence pratique

Le modèle d’intelligence émotionnelle de Salovey et Mayer ne rend pas compte, même de loin, de ce que nous savons aujourd’hui sur l’intelligence émotionnelle. Cependant, cela nous ramène à l’origine du concept, aux fondements, et à ce qui était une véritable révolution en son temps. La force de ce modèle est peut-être sa simplicité et sa progressivité qui le rend plus facile à comprendre. Un magnifique point de départ pour se plonger dans le monde merveilleux des émotions. Qui, qu’on le veuille ou non, est le nôtre.

5 caractéristiques d’une personne émotionnellement intelligente

– La connaissance de ses émotions

La conscience de soi, le fait de pouvoir identifier ses sensations et ses émotions est la clé de voûte de l’intelligence émotionnelle. Cette capacité est essentielle à la compréhension de soi et à l’intuition. La personne qui a conscience de soi est consciente à la fois de son humeur du moment et de ses pensées relatives à cette humeur. Il y a une distinction logique entre le fait d’être conscient de ses émotions et le fait de vouloir les modifier mais, en pratique, ces deux attitudes vont de pair : reconnaître qu’on est agressif, c’est déjà ne plus vouloir l’être. En effet, la conscience de soi exerce un effet plus puissant sur les sentiments agressifs : comprendre que l’on éprouve de la colère élargit l’éventail des possibilités. Les personnes qui sont capable d’identifier ce qu’ils ressentent, reconnaître les sensations du corps et mettre des mots sur les émotions ressenties conduisent mieux leur vie et perçoivent plus clairement les répercussions intimes de leurs décisions personnelles, couple, emploi, relations amicales.

– La maîtrise de ses émotions

La capacité d’adapter ses sentiments à chaque situation dépend de la conscience de soi. Cette capacité s’illustre par le fait de pacifier son esprit et de se libérer des émotions désagréables, peur, colère, tristesse. Les personnes qui n’ont pas cette aptitude psychologique fondamentale sont en lutte constante contre des émotions douloureuses. La maîtrise des émotions est un facteur de résilience et de mieux-être.

– L’auto motivation

La maîtrise des émotions est un pré requis pour se concentrer, canaliser ses impulsions et s’automotiver. Le contrôle des émotions est le fait d’être capable de remettre à plus tard la satisfaction de ses désirs et de réprimer ses pulsions. C’est la base de tout accomplissement parce que cet état de fluidité psychologique est un levier de productivité et d’efficacité personnelle.

– La perception des émotions d’autrui

L’empathie constitue l’élément principal de l’intelligence interpersonnelle. Les personnes empathiques sont plus réceptives aux signaux subtils qui indiquent les besoins et les désirs des autres.

– La maîtrise des relations humaines

Savoir entretenir de bonnes relations avec les autres, c’est en grande partie savoir gérer leurs émotions.