Le syndrome des jambes sans repos n’est pas facile à décrire. La croyance populaire est que les jambes se déplacent toutes seules. En fait, il s’agit d’un besoin constant de bouger les membres inférieurs pour mettre fin à la sensation de picotement gênante qui les traverse. Certaines personnes décrivent cette sensation comme celle de fourmis marchant le long de leurs jambes. Mais qu’est-ce que le syndrome des jambes sans repos et quelles en sont les principales caractéristiques ? Quelle est la relation avec le cortex moteur ? Lisez la suite pour en savoir plus.

Le syndrome des jambes sans repos : qu’est-ce que c’est ?

Un besoin impérieux de se lever, des picotements dans les jambes et des démangeaisons, notamment la nuit, et qui nuisent fortement à la qualité du sommeil. Pour 2 à 8% de la population française, ces symptômes désagréables font partie de leur quotidien : ils souffrent de la maladie de Willis-Ekbom, aussi connue sous le nom de syndrome des jambes sans repos. Dans certains cas, l’exercice peut réduire les symptômes. Des suppléments de fer peuvent également être prescrits en cas de carence en fer. Pour les cas les plus graves, il existe également des médicaments, mais beaucoup ont des effets secondaires graves s’ils sont pris trop longtemps. Jusqu’ici associé à un déficit en dopamine, la substance chimique qui permet la transmission de l’information entre les cellules nerveuses dans la moelle épinière, le syndrome des jambes sans repos serait aussi lié à un dysfonctionnement de la partie du cerveau qui traite les informations sensorielles. Le cortex somatosensoriel du cerveau fait partie du système somatosensoriel du corps : il reçoit des informations provenant de la surface du corps par l’intermédiaire de neurones relais et de neurones sensitifs. Ce système nous aide à percevoir le toucher, la température, la douleur, le mouvement et la position. Pour les chercheurs, il est probable que les symptômes peuvent être liés aux changements pathologiques dans cette région du cerveau.

Selon les experts, le syndrome des jambes sans repos consiste en un trouble sensoriel et moteur défini par quatre critères diagnostiques principaux :

  • Un besoin urgent de bouger les jambes. Normalement accompagné ou provoqué par une sensation, une douleur ou un inconfort désagréable.
  • Les symptômes se manifestent et s’intensifient dans les situations d’inactivité. Par exemple, en position assise, couchée ou juste avant de s’endormir.
  • Les symptômes disparaissent ou s’améliorent avec le mouvement ou en étirant les jambes. Pendant la durée de l’activité, une amélioration est perceptible, bien qu’elle puisse réapparaître juste après la fin des mouvements.
  • L’existence d’un rythme circadien. Les symptômes apparaissent ou s’aggravent l’après-midi ou au crépuscule.

Ils définissent également différents critères pour l’aide au diagnostic :

  • Apparition d’un trouble du sommeil
  • Antécédents familiaux
  • Examen neurologique normal
  • Mouvements involontaires des jambes pendant la journée
  • Mouvements périodiques des jambes pendant le sommeil

RLS et cortex moteur : quelle relation existe-t-il ?

Le neurologue Francisco Aguilar identifie la carence en fer et la prise d’antidépresseurs tricycliques, ainsi que les inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine, du lithium et de la caféine comme des causes possibles de ce syndrome. Cependant, de nouvelles études établissent un lien entre le syndrome des jambes sans repos et le fonctionnement anormal du cortex moteur. Les chercheurs de la faculté de médecine de l’université Johns Hopkins aux États-Unis ont tenté de faire la lumière sur les causes possibles de ce syndrome. Elle semble être causée par une hyperactivité du cortex moteur cérébral. Cela ouvrirait de nouvelles voies d’étude et de recherche pour traiter plus efficacement le syndrome des jambes sans repos. Un professeur de neurologie à l’université affirme que la région du cerveau qui contrôle les jambes présente une excitabilité corticale accrue dans le cortex moteur.

Des changements dans le cortex somatosensoriel

L’étude a porté sur 28 personnes présentant des symptômes sévères de jambes sans repos et souffrant de ce trouble durant en moyenne 13 ans. Ils ont été comparés à 51 personnes du même âge, non atteintes par le syndrome des jambes sans repos. Chaque participant s’est soumis à un scanner cérébral avec imagerie par résonance magnétique (IRM). Les chercheurs ont découvert que les personnes atteintes du syndrome des jambes sans repos présentaient une diminution de 7,5% de l’épaisseur moyenne du tissu cérébral dans le cortex somatosensoriel par rapport aux participants en bonne santé. Ils ont également constaté une diminution substantielle de la zone du cerveau où les fibres nerveuses relient un côté du cerveau à l’autre. Ces changements structurels rendent encore plus convaincant que les symptômes syndrome des jambes sans repos découlent de changements uniques dans le cerveau et fournissent un nouveau domaine de concentration pour comprendre le syndrome et éventuellement développer de nouvelles thérapies. Les travaux des chercheurs montrant un lien possible entre les symptômes et les zones du cerveau qui traitent l’information sensorielle, il est possible que le syndrome des jambes sans repos soit lié à une altération de la fonction dans d’autres parties du système sensoriel. D’autres études devront cependant le démontrer.

Traitements du syndrome des jambes sans repos

– Traitement pharmacologique

Pour traiter le syndrome des jambes sans repos, il existe plusieurs médicaments :

  • Les agonistes de la dopamine comme le ropinirole, le pergolide ou le pramipexole sont habituellement les premiers traitements les plus utilisés.
  • Les benzodiazépines sont habituellement prescrites pour calmer les picotements et vous aider à dormir.
  • Les antiépileptiques comptent également parmi les principaux médicaments contre ce syndrome. La gabapentine et la carbamazépine se distinguent.
  • Les opioïdes sont aussi souvent vus pour leur pouvoir analgésique.

– Traitement non pharmacologique

Modifier son mode de vie peut contribuer à calmer les symptômes de ce syndrome, en particulier ceux liés aux habitudes de sommeil. Voici quelques suggestions :

  • Le maintien d’un horaire de sommeil régulier.
  • La réduction ou l’élimination de la consommation de substances telles que le café, l’alcool et le tabac.
  • La pratique régulière d’une activité physique.

Conclusion

Malgré les progrès de la science, nous devons encore étudier et approfondir le syndrome des jambes sans repos. Les patients qui en souffrent cesseraient non seulement de ressentir des picotements désagréables dans leurs membres inférieurs, mais pourraient également bénéficier d’une meilleure qualité de vie. Pour éliminer, ou du moins réduire, les symptômes associés à ce syndrome, il faut pouvoir concilier le sommeil et le repos. Pendant la journée, la sensation de sommeil associée à un mauvais repos, ainsi que la fatigue, la faiblesse ou les changements d’humeur, ne se manifesteraient donc pas.