Le XXe siècle peut être défini comme le siècle du totalitarisme car en Europe, il y a eu l’affirmation de divers régimes « totalitaires » qui sont restés en place pendant de nombreuses années. Ce sont le système communiste russe, le système national-socialiste d’Hitler et, en Italie, le fascisme de Mussolini, même s’il est considéré comme le moins totalitaire des trois. Le totalitarisme a été déclenché par les troubles causés par la Première Guerre mondiale et leur but était de ramener la nation à l’ordre. En Italie, après le Biennium rouge, les fascistes ont pris le terrain et leur consensus a grandi grâce aux difficultés des autres parties. 

Qui est vraiment Le Duce ?

Benito Mussolini, né le 29 juillet 1883 à Predappio et mort le 28 avril 1945 à Giulino di Mezzegra, est un journaliste, idéologue et homme d’État italien. Fondateur du fascisme, il est président du Conseil du royaume d’Italie, du 31 octobre 1922 au 25 juillet 1943, premier maréchal d’Empire du 30 mars 1938 au 25 juillet 1943, et chef de l’État de la République sociale italienne ou RSI de septembre 1943 à avril 1945. Il est couramment désigné par le terme « Duce », mot italien dérivé du latin Dux et signifiant « Chef » ou « Guide ». Il est d’abord membre du Parti socialiste italien ou PSI et directeur du quotidien socialiste Avanti! à partir de 1912. Anti-interventionniste convaincu avant la Première Guerre mondiale, il change d’opinion en 1914, se déclarant favorable à l’entrée en guerre de l’Italie. Expulsé du PSI en novembre 1914, il crée son propre journal, « Il Popolo d’Italia » ou Le peuple d’Italie qui prend des positions nationalistes proches de celles de la petite bourgeoisie. Dans l’immédiate après-guerre, profitant du mécontentement de la « victoire mutilée », il crée le Parti national fasciste ou PNF en 1921 et se présente au pays avec un programme politique nationaliste, autoritaire, antisocialiste et antisyndical, ce qui lui vaut l’appui de la petite bourgeoisie et d’une partie des classes moyennes industrielles et agraires. Dans le contexte de forte instabilité politique et sociale qui suit la Grande Guerre, il vise la prise du pouvoir en forçant la main aux institutions avec l’aide des paramilitaires squadristi et l’intimidation qui culminent le 28 octobre 1922 avec la marche sur Rome. Mussolini obtient la charge de constituer le gouvernement le 30 octobre 1922. En 1924, après la victoire contestée des élections et l’assassinat du député socialiste Giacomo Matteotti, Mussolini assume l’entière responsabilité de la situation. La série de lois fascistissimes lui attribue, à partir de 1925, des pouvoirs dictatoriaux et fait de l’Italie un régime fasciste à parti unique. Après 1935, il se rapproche du régime nazi d’Adolf Hitler avec qui il établit le Pacte d’acier en 1939. Convaincu d’un conflit à l’issue rapide, il entre dans la Seconde Guerre mondiale au côté de l’Allemagne nazie. Les défaites militaires de l’Italie et le débarquement des Alliés sur le sol italien entraînent sa mise en minorité par le Grand Conseil du fascisme le 24 juillet 1943 : il est alors destitué et arrêté par ordre du roi. Libéré par les Allemands, il instaure en Italie septentrionale la République sociale italienne. Le 25 avril 1945, alors qu’il tente de fuir pour la Valteline déguisé en soldat allemand, il est capturé par un groupe de partisans, qui le fusillent avec sa maîtresse Clara Petacci. Leurs corps sont livrés à une foule en colère et pendus par les pieds au carrefour de Piazzale Loreto à Milan.

La naissance du fascisme

Le fascisme est né et s’est développé lorsque la démocratie est entrée en difficulté, exprimant la recherche d’une solution alternative basée sur le nationalisme ; ainsi sont nés les faisceaux de combat, qui se définissent comme un mouvement – donc pas un parti – et qui ont d’abord eu de bonnes idées et propositions, avant de passer cependant à la violence. C’est donc ici qu’entre en scène Benito Mussolini qui, après avoir abandonné le Parti socialiste, considéré désormais comme faible, décide de rejoindre la nouvelle faction pour accroître son consensus, devenant ainsi le créateur et la figure de proue des succès du mouvement, avec la création, en 1921, du Parti national fasciste, fruit de l’évolution du mouvement des partis. En même temps, en 1921, le Parti communiste italien fondé par Antonio Gramsci est né : la scission interne au sein du front communiste, avec la fondation d’un parti séparé, a ainsi contribué, sans aucun doute, à l’avancée fasciste, puisqu’elle n’a pas pu créer une alternative à Mussolini. Le tournant de l’histoire politique italienne a eu lieu lorsque le leader fasciste a ordonné la marche sur Rome, dans le but de faire comprendre au roi, au parlement et au peuple combien le fascisme était devenu fort : le 28 octobre 1922, les escadrons sont entrés dans Rome avec le slogan « soit Rome, soit la mort ». À partir de ce moment, le fascisme est devenu Mussolini et l’histoire du fascisme est celle de Mussolini. Il faut dire qu’avec Mussolini, c’était le retour à la régularité, le rétablissement de l’ordre, mais parfois en suivant la volonté des dirigeants fascistes provinciaux. En fait, toujours selon Montanelli, la plus grande difficulté du Duce était de donner un cadre aux escouades fascistes : Mussolini n’aimait pas les fascistes, au contraire, il les détestait, et il décida donc de donner une institution à la milice fasciste, en essayant de calmer leurs intentions violentes.

Le gouvernement de Mussolini

En même temps, le Duce a décidé de former le gouvernement avec les meilleurs en Italie, donc aussi avec des personnes qui ne venaient pas des rangs fascistes. À cause de ces manœuvres, on pensait que son gouvernement pourrait être de courte durée, mais Mussolini était intelligent. en fait, il a utilisé des fascistes extrémistes pour les besoins de sa politique de conservation, chassant du gouvernement tous ceux qui s’opposaient à la volonté du fascisme, et se jetant inévitablement sur les personnalités qui étaient contre les idéaux extrémistes. Le 2 février 1923, Piero Gobetti est arrêté, le lendemain c’est le tour du communiste Amedeo Bordiga.

Les élections du 6 avril 1924

Le 6 avril 1924, un vote a lieu : la liste nationale dont Mussolini lui-même est le chef atteint 65 et les votes sont exprimés. Plus tard, les fascistes ont été accusés de violence par Giacomo Matteotti, qui a demandé l’invalidation des élections qui venaient d’avoir lieu parce qu’il estimait qu’aucun électeur italien n’était libre de décider.

L’assassinat de Matteotti et la sécession de l’Aventin

Le 10 juin 1924, M. Matteotti a été enlevé puis tué, ce qui a provoqué un énorme scandale. Mussolini a eu beaucoup de mal à faire face à la situation, déclarant qu’il n’était pas impliqué mais, au contraire, qu’il était affligé ; c’est ainsi que la Sécession de l’Aventin, un acte de protestation mené par certains députés de l’opposition contre le gouvernement fasciste, a été adopté. Quelques mois plus tard, en août 1924, Mussolini, à la suite de la découverte du corps de Matteotti, tombe dans une profonde frustration, désavouant publiquement l’assassinat et retrouvant ainsi la force perdue pour tenir l’escadron fasciste à distance, écrivant dans le journal Il Popolo D’Italia « Fascistes, l’ordre c’est ça, discipline maximale, pas de violence ». L’Aventin espérait une intervention du roi Vittorio Emanuele III, car lui seul pouvait faire tomber le gouvernement Mussolini, mais l’intervention royale n’eut pas lieu. Au milieu d’une alternance d’événements dramatiques, le gouvernement Mussolini a toujours su se relever et se renforcer, en poursuivant ses intentions.